Luxembourg, 08-10 juin 2022

 

8e Colloque international et pluridisciplinaire Ci-Dit / Luxembourg

Matérialités du Discours Rapporté

Université du Luxembourg, 08-10 Juin 2022 

Conférencier.e.s plénier.e.s
  • Rosanna de Angelis (Université Paris-Est – Créteil)
  • Jean-Marie Klinkenberg (Université de Liège)
  • Greta Komur-Thilloy (Université de Haute-Alsace)
  • Emmanuelle Pelard (Université du Luxembourg)

 

Table-ronde « Les Matérialités discursives au prisme de l’environnement social et culturel »

Participant.e.s confirmé.e.s : Laurence Rosier (Université Libre de Bruxelles), Alain Rabatel (Université Lyon 1), Gian Maria Tore (Université du Luxembourg).

Argumentaire

Pas de point, pas de nœud savant. Rien de ce qui relève d’une virtuosité artisanale, d’un savoir-faire séculaire. Tout cela est loin de mon propos. Cordages, ganses, ficelles sont là pour leur fluidité, leur poids, leur souplesse ou leur fermeté, pour toutes les possibilités formelles qu’elles contiennent en puissance.

Cette déclaration de Pierrette Bloch (1998 : 1) invite à réfléchir sur les possibilités formelles qu’offre la matérialité. Dans la lignée des précédentes rencontres Ci-dit, ce nouvel opus entend aborder les analyses du discours rapporté avec de nouvelles perspectives. Pour l’édition 2020, nous nous interrogerons sur la matérialité du DR.

Souvent ignoré, le support qui matérialise le discours est volontiers considéré comme accessoire, ou en tout cas comme moins intéressant que le discours qu’il véhicule. Pourtant, cette partie matérielle du discours constitue un élément structurant porteur de sens, et leur interdépendance reste à questionner. En quoi le choix de support, en relation avec un choix de format et le choix d’un média ou transmédia comme circuit de diffusion, influence-t-il la pratique de la citation et du discours rapporté (not. Rosier 2008, Authier-Revuz 2004) au sens large, abordée tant du point de vue des conditions de production que de réception, en relation avec des valeurs singulières et collectives (par exemple, l’impact sociétal) et des formes de vie (celle dont témoigne, par exemple, la pratique aujourd’hui banalisée du tatouage (Rosier 2012)) ? Nous entendons par support-médium (support matériel ou « immatériel », dans le cas de l’écran…) le papier, la toile dans le cas du tableau, le verre, le carton de la pancarte dans une manifestation, le mur dans le street art, le sable ou la terre dans le land-art, l’étoffe dans le cas d’un vêtement ou d’une banderole, la peau dans le cas du tatouage, le marbre dans le cas de la tombe, le stylo et d’autres supports (blocs-notes, sacs, tasses…) pour les produits dérivés en relation avec des artistes, tels que Warhol, l’écran pour le discours numérique… en tant qu’ils deviennent des supports d’inscription (supports formels) de citations et de discours rapportés. La notion de dispositif matériel, formel et culturel pourra être mise en avant.

Il s’agit d’aborder la question du support et des médiations, déjà bien étudiée tant en sciences de l’information et de la communication (Souchier 1998, Jeanneret & Souchier 2002, Soulez & Kitsopanidou 2014) qu’en sciences du langage (Delamotte-Legrand 2004), en littérature (Saemmer 2014, Vouilloux 2008, 2017, Pelard 2016, 2017) et en sémiotique (Arabyan & Klock-Fontanille 2005, Fontanille 2005, Pignier 2009, Colas-Blaise 2018) sous deux angles novateurs : en privilégiant l’angle de la citation et du discours rapporté ; ensuite, en montrant que le support entre dans la production du sens à travers ses relations avec le format (par exemple une docufiction sur internet) et le média.

Ainsi, les communications s’interrogeront sur les conséquences au niveau de la pratique de la citation et du discours rapporté des choix opérés i) au niveau d’un support- médium particulier, en relation avec un média et un format ou ii) lors de l’adaptation d’un discours à un autre ensemble formé par le support, le format et le média. Il faudra débattre de cette question centrale : dans quelle mesure l’adaptation peut-elle être considérée comme une citation au sens large ? Comment penser le changement de support, de format, de média en regard du DR ? Plus précisément, en quoi le choix d’un média, d’un format et d’un support matériel ou « immatériel » se traduit-il et est-il déterminé par la constitution d’un environnement (spatial, socio-économique, culturel, politique, historique), par des actes de langage déterminés, par des choix énonciatifs attestant le dédoublement des situations d’énonciation caractéristique des   différents   types   de   discours   rapporté   ainsi   que   par   des   phénomènes   textuels « microscopiques » (des phénomènes de contraction/ expansion, des choix lexicaux, des constructions morpho-syntaxiques, telles que l’aphorisation, le figement, la nominalisation, la passivation, la désénonciation, l’anonymisation de la source, l’impersonnalisation…) ?

Une attention particulière sera attachée aux éléments plastiques du plan de l’expression, entendus comme des éléments visuels (taille des caractères, police, couleur, traces laissées par les instruments ou prothèses de la main (pinceau, stylo, burin…), ou sonores liés, plus particulièrement, à la manipulation du support (voir au moins le bruit de la page que l’on tourne).

Le colloque s’organisera autour de 5 axes:

  • Premier axe : le discours rapporté et les pratiques citationnelles au risque du support
  • Deuxième axe : l’adaptation constitue-t-elle une forme de citation ?
  • Troisième axe : intermédialité et détournement
  • Quatrième axe : matérialité & patrimonalisation
  • Cinquième axe : construction des savoir

 

Éléments bibliographiques

Arabyan, M. & Klock-Fontanille, I., 2005, L’écriture entre support et surface, Paris, L’Harmattan.

Authier-Revuz, J., 2004, « La représentation du discours autre : un champ multiplement hétérogène », in López Muñoz, J.-M., Marnette, S., Rosier, L. (dir.), Le discours rapporté dans tous ses états, Paris, L’Harmattan, 2004, p. 35-53.

Barthelmebs-Raguin, H., Komur, G. López Muñoz, J., Marnette, S. et Rosier, L. (dirs), 2018, Le discours rapporté. Temporalité, histoire, mémoire et patrimoine discursif, Paris, Classiques Garnier, « Rencontres », 2018.

Bastide, F., 1987, « Le traitement  de la matière »,  Actes  Sémiotiques.  Documents, vol. IX, no 89, Paris, EHESS.

Bloch, Pierrette, 1998, Pierrette Bloch. Sculptures  et  dessins  de  crin,  collages,  1968-  1998 (catalogue) – entretien avec P. Encrevé : « L’ombre de l’écriture » –, Cajarc (Lot), Maison des Arts Georges-Pompidou.

Colas-Blaise, M., 2018, « Remédiation et réénonciation : opérations et régimes de sens », Interin, vol. 23, no 1, pp. 64-84.

Colas-Blaise, M., Tore, G. M., 2012, Médias et médiations culturelles au Luxembourg, Luxembourg, Éditions Guy Binsfeld.

Collot, M., La Matière-émotion, 1997, Paris, PUF.

Coquet, J.-C., Petitot, J. (dir.), 1991, « L’objet sens et réalité », Langages, n° 103.

Delamotte-Legrand, R. (dirs), 2004, Les médiations langagières, vol. 1, 2, Rouen, Presses universitaires de Rouen.

Fontanille, J., 2005, « Du support matériel au support formel », in Arabyan, M., Klock- Fontanille, I. (dirs), L’écriture entre support et surface, L’Harmattan, Paris, pp. 191- 192

Grossmann, F., Rosier, L., 2018, « Du discours rapporté au discours partagé. Analyser les usages du discours rapporté hypertextualisé », in Simon, J. (dir.), Le discours hypertextualisé. Espaces énonciatifs mosaïques, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté.

Jaubert, A., López Muñoz, J., Marnette, S., Rosier, L., Stolz, C. (dir.), 2011, Citations I et II : Citer pour quoi faire ?, Paris, Académia/L’Harmattan.

Jeanneret, Y., 2011, Y a-t-il (vraiment) des technologies de l’information ?, Villeneuve d’Ascq, Edition du Septentrion.

Jeanneret, Y. & Souchier, E., 2002, « La communication médiatisée est-elle un “usage” ? »,Communication & Langages, no 132, pp. 5-27

Lupien, J., 2000, « Tactilité et représentation identitaire dans l’art contemporain », Visio, vol. 5, no 1, pp. 55-66.

Moirand, S., 2004, « L’impossible clôture des corpus médiatiques. La mise au jour des observables entre contextualisation et catégorisation », Tranel, pp. 71-92.

Paveau, M.-A. et Rosier, L. 2010 : « Le “discours” des objets. Pratiques et techniques de la circulation des discours », Cédille, Université de Cadiz, pp. 178-196. Disponible sur : <https://dialnet.unirioja.es/descarga/articulo/3399614.pdf> (consulte le 19 décembre 2018).

Pelard, E., 2017, « Émotions par les signes : le lyrisme graphique dans la poésie visuelle de Christian Dotremont et Henri Michaux », Les émotions en discours et en image(s), Savoirs en Prisme, n°7.

Pelard, E., 2016, « Poétique de la poésie numérique pour écrans tactiles », Poétiques et esthétiques numériques tactiles : littérature et arts, (dir. E. Pelard et A. Guilet), Cahiers du NT2, n° 8.

Pelard, E., 2013, « Le poème à l’épreuve de la typographie : la typoésie de Jérôme Peignot et de Roland Giguère », Le livre comme art. Matérialité et sens, Montréal, Éditions Nota bene.

Pignier, N., 2009/1, « Sémiotique du webdesign : quand la pratique appelle une sémiotique ouverte », Communication & langages, no 159, pp. 91-110.

Pignier, N., 2012, « Le plaisir de l’interaction entre l’usager et les objets TIC numériques », in Mitropoulou, E., Pignier, N. (dirs), “De l’interactivité au(x) interaction(s) », Interfaces numériques, n° 1, pp. 123–153.

Rosier, L., 2008, Le discours rapporté, Paris, Ophrys.

Rosier, L. 2012 : « J’ai le discours dans la peau. L’énonciation des tatouages », in Maury- Rouan C. (éd), Regards sur le discours : énonciation, interaction, Presses de l’Université de Provence, pp. 181-190.

Saemmer, A., 2015, Rhétorique du texte numérique : figures de la lecture, anticipations de pratiques, Lyon, Presses de l’Enssib.

Saporta, M., 1962, Composition n° 1, Paris, Seuil.

Souchier, E., 1998/2, « L’image du texte pour une théorie de l’énonciation éditoriale », Les cahiers de médiologie, no 6, pp. 137-145.

Soulez, G., Kitsopanidou, K. (dirs), 2014, Le levain des médias. Forme, format, média, Paris, L’Harmattan.

Vouilloux, B., 2008, « Du dispositif », in Ortel, Ph. (dir.), Discours, image, dispositif. Penser la représentation II, Paris, L’Harmattan.

Vouilloux, B., 2017, « Médium(s) et média(s). Le médial et le médiatique », Fabula / Les colloques,                          Création,          intermédialité,          dispositif.        Disponible          sur < http://recherche.fabula.org/colloques/document4419.php > (page consultée le 9 décembre 2018).

 

Frais d’inscription

Les frais d’inscription s’élèvent à 80 € pour les communicant.e.s (40 € pour les doctorant.e.s). Ils couvriront les repas, une manifestation culturelle et la publication des actes (sous réserve d’acceptation de la contribution par le Comité scientifique). L’inscription au dîner festif (50€) est facultative.

Comité scientifique

Driss Ablali (Université de Lorraine), Hélène Barthelmebs-Raguin (Université du Luxembourg), Jacques Bres (Université Paul-Valéry – Montpellier 3), Étienne Candel (Université Jean-Moulin – Lyon 3), Marion Colas-Blaise (Université du Luxembourg), Rosanna de Angelis (Université Paris-Est Créteil), Lucile Gaudin-Bordes (Université de Toulon), Francis Grossmann (Université Grenoble Alpes), Yana Grinshpun (Université Sorbonne-Nouvelle – Paris 3), Jean-Marie Klinkenberg (Université de Liège), Greta Komur-Thilloy (Université de Haute-Alsace), Agata Jackiewicz (Université Paul-Valéry – Montpellier 3), Anna Jaubert (Université Côte d’Azur), Juan Manuel López Muñoz (Université de Cadix), Sophie Marnette (Université d’Oxford), Michèle Monte (Université de Toulon), Marie-Albane Rioux-Watine (Université Côte d’Azur), Alain Rabatel (Université Lyon 1), Laurence Rosier (Université Libre de Bruxelles), Geneviève Salvan (Université Côte d’Azur).

Comité d’organisation

Hélène Barthelmebs-Raguin (Université du Luxembourg), Marion Colas-Blaise (Université du Luxembourg), Juan Manuel López-Muñoz (Université de Cadix), Sophie Marnette (Université d’Oxford), Laurence Rosier (Université Libre de Bruxelles).